La mort subite du sportif, se prémunir des risques avec le Dr fédéral de la LFG Rollin Bellony

Publié le 18/10/2023

La mort subite cardiaque chez l’adulte jeune et notamment chez les sportifs de haut niveau est une cause de décès plus fréquente qu’on ne le croit :  plus de 500 sportifs meurent chaque année d’un arrêt cardiaque au cours ou après un effort physique en France. Découvrez les conseils du Dr fédéral de la LFG Rollin Bellony pour prévenir la mort subite.

 

  • La mort subite, définition

Comme son nom l’indique, la mort subite est brutale, inattendue et instantanée. Elle fait suite à une défaillance du cœur en plein effort. Les facteurs déclenchant peuvent être multiples, et sont souvent en rapport avec des conditions de pratique exceptionnelles :

le stress, des conditions météorologiques extrêmes, la fatigue, des troubles diététiques, la déshydratation, l’asthme ou encore une maladie virale. Le dopage et/ou la consommation de stupéfiants est également un facteur déclenchant. Souvent jeunes, plutôt de sexe masculin, les victimes semblent pourtant en bonne santé, et l’activité sportive agit donc comme le révélateur d’une maladie cardiaque jusque-là ignorée.

 

  • Les causes de la mort subite du sportif ?

Les causes de mort subite sont dépendantes de l’âge. Avant l’âge de 35 ans, les causes sont le plus souvent des maladies cardiaques héréditaires (souvent non connues des familles et des victimes), mais elles peuvent également être dues à des malformations cardio-vasculaires ou des troubles du rythme cardiaque.  Après 35 ans, la mort subite est principalement due à une coronaropathie (altération du flux sanguin dans les artères du cœur).

Les sportifs de haut niveau semblent paradoxalement plus susceptibles d’être frappés par une mort subite : on estime qu’un quart des morts subites ont lieu pendant ou juste après un effort intense, en particulier dans la pratique de la course à pied, du football, du basketball et du cyclisme.

 

  • La fonction du médecin fédéral 

Par définition, le médecin fédéral peut gérer la sélection nationale, par déduction, les Yana Doko. Il a plusieurs fonctions – tout d’abord, la fonction de faire respecter la réglementation sportive médicale de la Fédération française de football et des institutions, notamment celle de la Concacaf. L’objectif est d’assurer et de protéger la santé du sportif.

 

  • La prise en charge du sportif au sein d’une Ligue

Il existe 3 niveaux de prise en charge.

1 : Le haut niveau : concerne les sportifs de haut niveau, les Yana Doko par exemple. Il s’avère dans notre effectif de joueur de haut niveau, 90% sont des joueurs qui évoluent en Europe, ils sont déjà dans le monde professionnel. Le niveau est différent.

2 : Les jeunes : comprend le sur-classement, c’est-à-dire des U13 qui doivent évoluer en U17 par exemple. Il existe également le double sur-classement, des U13 qui doivent évoluer en U20. « Mais je m’y oppose, je veux d’abord les voir cliniquement. »

 Jusqu’un 3e, la consultation médicale des jeunes de la section excellence sportive es prise en charge par la Ligue de football de la Guyane. Quand ils arrivent en seconde, s’ils veulent poursuivent le sport de haut niveau, ils doivent quitter le département. Quant aux joueurs des clubs, ils sont pris en charge par leur club.

3 : Les arbitres : les plus dangereux sur le plan médical. Ils sont entre le haut niveau et les sportifs.

Les moins de 18 ans, il y a aucun examen cardiaque à effectuer, mais pour le sur-classement voire les doubles sur-classement, je demande une échographie cardiaque car c’est là qu’il y a des problèmes.

 

  • Les examens imposés par la commission fédéral

« Un examen clinique, comprend le poids, la taille… Un examen biologique, mais on ne le fait même pas car il coûte trop cher. L’ECG.  Un examen dentaire, une épreuve fonctionnelle respiratoire comprenant une courbe débit-volume. Un examen de trouble visuel, mais on ne le fait pas car il n’y a pas assez d’ophtalmologique en Guyane et un examen dépistage de trouble auditif. »

 

  • La visite médicale du sportif dit de « haut niveau » pour une compétition

À chaque compétition, il y a une visite médicale. Attention, la visite médicale ne détermine pas si le joueur est apte à pratiquer du sport, mais à déterminer s’il est apte à participer à une compétition. Une fois les consultations effectuées sur le joueur, c’est à ce moment, que le certificat d’aptitude à la compétition peut être validé par le médecin fédéral ou pas. Sans son accord, il n’y aura pas de matche.  Un certificat ne peut pas être validé si le médecin n’a pas vu le joueur. Un certificat d’aptitude est exigé par la Concacaf pour chaque compétition afin d’éviter les problèmes cardiovasculaires.

 

  • Les examens et les exercices lors de la visite médicale

À l’examen clinique, le rythme sera pris en compte à travers des exercices. Une échographie sera pratiquée. La Concacaf exige un ECG (électrocardiogramme) à chaque nouvelle saison. Lorsque le médecin à un doute sur l’ECG, il demande une échographie cardiaque.

 

  • Quand peut subvenir la pathologie cardiovasculaire

Elle peut subvenir à n’importe quel moment de la vie, de l’âge de l’individu. Même si tout est fait, le risque zéro n’existe pas.

 

  • Les pathologies rencontrées

L’Osgood schlatter, c’est un problème rencontré fréquemment chez le joueur qui est surexposé au sport. C’est-à-dire, il fait trop de sport par rapport à l’évolution de sa croissance.

 

  • Le suivi du sportif

Doit être la responsabilité du club, voire les éducateurs. D’où l’intérêt de mettre en place des ateliers, des conférences pour prodiguer des conseils. Le premier message doit être l’alimentation.

 

Propos recueillis par Marlène Cléoma 

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